ÉVÉNEMENT

Cabinet de curiosités et Collections insolites


10ieme Edition
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            Le manoir de Lord Byron se trouvait un peu au nord de la ville. Il surplombait élégamment une campagne verdoyante parsemée de bocages et d'arbres centenaires à l'ombre desquels les pêcheurs occasionnels aimaient s'installer. Passé le grand portail ouvragé, j'entrais dans un parc délicieux où le parfum mêlé des lilas et du chèvrefeuille provoquait en moi une regain de gaîté. Traversant, sans me presser, jusqu'à la porte d'entrée abrité par un perron rappelant un temple grec, j'étais accueilli par un domestique en livrée qui m'annonça que le Lord m'attendait en haut. Le hall du manoir était vaste et lumineux. Deux statues de guerriers en marbre me jetaient un regard puissant, faisant jouer devant moi leurs muscles aux proportions divines. Gravissant les marches de mon allure la plus digne, j'observais les portraits de famille qui me faisaient remonter les siècles aux origines des Byron. Au premier étage, l'ambiance du couloir était plus feutrée. La moquette soyeuse et les rideaux pourpres lui donnait un air solennel tout en tendant vers l'intime. Le domestique m'ouvrit la porte du fond et se décala pour me permettre d'entrer. J'allais m'avancer pour saluer Lord Byron lorsque je vis ce qui l'entourait. Je crois qu'à ce moment là, mû par une frénésie émerveillée, je perdis toute notion de courtoisie et je m'approchai vers les vitrines sans un regard pour mon hôte. Devant moi s'étalait un tel foisonnement de merveilles que j'en perdais la tête. Attiré par leurs couleurs chatoyantes, je contemplai une collection sans pareille de cristaux dont les plus imposants étaient plus gros que ma tête. Il y avaient là des pièces provenant du monde entier, des Andes à l'Afrique australe en passant par les montagnes himalayennes. Je constatais incrédule que j'ignorais le nom de certaines d'entre elles alors que la minéralogie était une de mes matières préférées lors de mes années à Cambridge. Curieux, je tournai la tête jusqu'à apercevoir les armes accrochées au mur sur ma droite. Sabres, lances, dagues et masses étaient disposés par catégories et aucune de ces armes n'étaient européennes. Chacune d'entre elles semblaient raconter l'histoire de son porteur. Avide d'en voir encore plus, je cherchais ce qui me plairait d'admirer ensuite de peur, comme les animaux, que tout ceci ne disparaisse hors de portée de mon appétit de savoir et de découverte. Têtes réduites, statuettes antiques, coquillages exotiques, objets insolites, animaux empaillés et même un crâne de cristal trônant sur la table où Lord Byron me regardait en souriant un verre de Brandy à la main.

 

« Mon cabinet de curiosités vous plaît ? » me dit-il d'un air malicieux.